A la demande de la France, la FAO a convoqué lundi à Rome une réunion d’urgence sur la famine qui menace 12 millions de personnes dans la Corne de l’Afrique. Une réaction tardive de la communauté internationale alors qu’il s’agit, selon l’ONU, de la pire crise alimentaire en Afrique depuis vingt ans. "Une sécheresse fonctionne comme un révélateur qui n’engendre la famine que lorsqu’il y des dysfonctionnements préalables". Selon Sylvie Brunel, géographe et ancienne présidente d’Action contre la faim, la sécheresse exceptionnelle que connaît la Corne de l’Afrique (Kenya, Somalie, Djibouti, Ethiopie, Erythrée) n’a les conséquences dramatiques que l’on connaît qu’en raison d’une double défaillance : celle des Etats de la région, d’abord, celle de la communauté internationale, ensuite. Les populations touchées sont majoritairement des éleveurs nomades, dont le mode de vie dépend fortement des aléas climatiques et dont le poids démographique et politique est faible. "La f...